inactualités et acribies

Le grand jeu de l'été-n° 1

26 Juillet 2018 , Rédigé par pascale

 

Notre homme est plutôt matinal aujourd’hui. Il a mal dormi. Des rêves, disons même des cauchemars l’ont agité au point qu’il en griffonna quelques mots. On verra bien qu’en faire plus tard. Confusément, il se souvient de tempétueuses atmosphères, de melons, de livre de poésies latines. De quoi enfoncer son bonnet de nuit sur ses oreilles et son nez dans l’oreiller. D’ailleurs, il ne sait plus très bien, les images étant si fortes, s’il a rêvé ou pas. Après tout, se dit-il, le cerveau encore dans les brumes, qui me dit qu’en l’instant, je suis bien assis là, dans mon fauteuil, regardant le feu qui, à l’inverse de moi, s’endort et s’évanouit au petit matin.  Il repose la feuille qu’il tenait bien serrée en sa main gauche, la plume conquérante dans la droite. Pensant, le temps d’un éclair, y trouver l’irréfutable preuve de la réalité de sa propre présence.

Passant en la pièce contiguë, il vérifie que les bougies ont bien été changées, les bûches du poêle renouvelées, le papier disposé tout droit, les livres de travail et les correspondances réclamant réponse à deux doigts de l’encrier. Depuis la fenêtre fermée en cette heure encore bien fraîche, il ne distingue rien. Mais il sait que d’un rien, tout peut venir. Qu’il s’assoie, qu’il se concentre, qu’il ressaisisse ses méditations là où hier il les avait laissées et les affaires reprennent.

Point n’est besoin d’aller au fond du parc contempler les noueuses racines d’un arbre bien plus vieux que soi, se dit-il, pour décider que les choses sont essentiellement contingentes… bon, il ne faudra pas l’écrire ainsi, se ravise-t-il aussitôt. Pourtant, la question du jour est bien celle-ci, et je ne serai ni le premier ni le seul à m’en emparer. Chêne ou châtaigner, l’arbre que je sais être au loin dans la brume d’automne est-il bien réel, la question de savoir s’il est vrai ne se posant pas. Il n’y a pas de vérités des choses, seulement des raisonnements sur les choses, et même hors d’elles, n’est-ce pas ? et l’affirmation selon laquelle la somme des angles d’un triangle est toujours égale à 180° n’a pas besoin de l’existence visible et mesurable du triangle, ou d’un objet triangulaire, pour être vraie, n’est-il pas? d’ailleurs, l’exemple est rongé jusqu’à la moelle, les Anciens s’en servaient déjà, et je parie que d’autres après moi l’useront jusqu’à l’os. Mais de quel bois l’homme est-il fait ? peut-être en raison de leur constitution plus ou moins fragile d’aucuns diront de roseau, d’autres de marbre, réduit en miettes au moindre choc, tandis que le premier résistera aux fureurs des vents mauvais.

 

C’est le premier exercice. Le plus simple évidemment. La difficulté suivra la courbe des températures, croissante. Qui parle ? facile ! à quels explicites objets, exemples, œuvres  et auteurs (d’époques différentes, tous un jour ou l’autre, à quelque titre que ce soit, dans les billets d’Inactualités et acribies), notre homme de plume fait-il implicitement référence ? il y a  plus d’une dizaine de réponses à donner.

La suite de La journée ordinaire d’un philosophe, dans quelques heures, bientôt, un peu plus, guère moins, sans doute.

 

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D
Comme je n'ai pas encore vu l'épisode 2 (j'ai beaucoup de retard, et une gêne technique à l'égard du replay), je dirais comme ça, au hasard, Sartre.
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P
ah! c'est le coup du parc! normal, c'était un piège... et ça a marché!
M
Alors, je crois, je subodore, je soupçonne, que c'est Descartes
J'ai mal interprété la description de l'attitude du philosophe avec sa plume et sa feuille froissée.
Bien fait !
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P
J'envoie l'épisode 2, vous pourrez vérifier...
Aucune invention même dans les plus petits détails, tout est dans des textes, des œuvres, des correspondances ; des allusions, remarques, détails, peuvent toucher d'autres auteurs, d'avant, d'après... (une quinzaine de trouvailles à faire cette fois ; plus pour le suivant.)
M
Heureusement, pour moi, que l'on annonce une baisse des températures, mais comme lesdites températures varient selon les lieux, je ne suis guère avancé. !
La feuille froissée étant bien dans la main gauche, je puis me référer au portrait de de Diderot par Van Loo (Louis Michel)
Je l'imagine, c'est un peu risqué, assis dans un fauteuil Voltaire
J'imagine aussi qu'il lit Montaigne, Pascal, quelque philosophe anglais, ...
Enfin, "mieux vaut écrire ce qu'on pense"
Bel été à vous
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P
Eh! non, il faut chercher encore, et changer de siècle...
Le "portrait" de celui qui parle est constitué de renseignements biographiques et livresques, il n'est pas pictural! Il s'agit bien sûr d'un philosophe.
De plus, il y a, disséminés, d'autres indices qui ne le concernent pas...