inactualités et acribies

Le grand jeu de l’été-n° 3 ; changement de style

31 Juillet 2018 , Rédigé par pascale

1) La présence du bad boy sur le dance floor n’augurait rien de bon, une happy end était impossible. En live, et ce fut un scoop pour quelques-uns, il fut menotté par la police entrée dans le night-club grâce à la complicité de son boss.

    Dans la salle d’interrogatoire, l’ambiance était électrique. On n’est pas dans un escape game ici, hurla l’un d’eux. Ni un spot de surf, répondit l’autre. Tandis que le troisième au look digne d’un western, marmonnait... ou un show-room, en allumant le PC. Pas le temps de lire les mails, viendraient-ils de la hiérarchie !

     Ah ! on ne pouvait pas dire que leur client était un de ces working class heroes dont la presse et les séries nous envahissent. Non, plutôt un loser moderne, attiré par l’argent facile et les paillettes qui l’accompagnent. Il ne pouvait pas la jouer “l’enfance d’un wunderkind” selon la brillante et récente expression d’un Académicien en mal de vocabulaire.

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2)  Les deux copines s’apprêtaient à partir en shopping comme on part à l’aventure. Elles s’étaient équipées pour marcher pendant des heures : easy wear, leggings et baskets, tee-shirts légers, il ne devait pas pleuvoir. Au pire, elles s’engouffreraient dans un snack. Depuis quelques jours, elles ramassaient tous les flyers qui indiquaient les must et relevaient les meilleurs discounts des news letters qui tombaient dru dans leur smartphone, elles avaient repéré les magasins qui affichaient des summer sales gigantesques ; ça allait être fun, super cool

     Pas vraiment des enragées de la fashion week, elles étaient plutôt fashion victims au petit budget, aux moyens très limités. Allez ! shop now ! comme l’avait écrit en vitrine la première boutique de la rue.

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3)  Il n’y avait pas la moindre chance pour que le n° 1 rencontrât les n° 2 ; sinon dans le carambolage des news des chaînes TV à jet continu, le grand show du monde sur écran plat, une vingtaine de fois par jour, interviewes de pacotille et flatteries style mainstream, formats courts pour y caser toutes les promesses de la home page. Ainsi, dans le même quart d’heure a-t-on pu voir se succéder le debriefing de l’arrestation de notre noctambule par le spécialiste ‘faits divers-justice’ du staff  et le street reportage de la stagiaire qu’on avait collée aux good deals de fin Juillet à Paris.

     Inutile, dans un cas comme dans l’autre, mais surtout dans l’autre, d’être longuement coachée, ou s’inscrire à une séance de media training ; il suffit de tendre le micro et la perche, surtout la perche. Les filles étaient totalement excitées, elles venaient de trouver un petit short si girly qu’elles enchaînaient selfies sur sms avec plus de smileys que de lettres dans l’alphabet. La consigne de leurs copines était : paraître glossy pour trois fois rien ! un vrai challenge !

      Et pendant ce temps-là, les private jokes fusaient d’un bureau à l’autre ; le caïd aux petits pieds peinait à faire croire qu’il ne dirigeait aucun business répréhensible ; et le JT du soir put coincer l’annonce de son incarcération entre un reportage sur les cost killers et les serial killers : la  programmation en plein été laisse vraiment à désirer, il faudra renouveler toute la team à la rentrée, et ne reprendre aucun stagiaire.

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     Je ne sais pas vous, mais moi là, je frôle le burn out ! plus difficile qu’une version latine mais surtout absolument désespérant. Aussi, le jeu –qui n’est pas un private joke- consiste à réécrire ces quelques lignes dans un français élégant. Il n’est pas interdit de modifier légèrement le tableau, le petit short girly par exemple –ou pinky, non, bon, j’arrête !– sans aller jusqu’à la crinoline, peut subir un changement de forme... quoique la crinoline donne des idées. On peut tout reformuler en termes et tournures précieux, dépassés, obsolètes, classiques ou résolument contemporains, en français du jour, comme les œufs frais, qui ne manquera pas de montrer son efficacité et sa richesse.

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     Allez ! à vos plumes ! Let’s go (cette fois c’est bien un clin d’œil privé, qui me sera doublement pardonné, oui, oui.)

 

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denis montebello 21/09/2018 15:53

Un vrai page-turner! Le cliffhanger est insoutenable!

pascale 21/09/2018 17:17

Yes! suis d'accord.