inactualités et acribies

corrections et commentaires du jeu n°3

2 Août 2018 , Rédigé par pascale

1) La présence du mauvais garçon, (délinquant, truand, fripouille) sur la piste de danse, n’augurait rien de bon. Une issue favorable, (épilogue heureux, bonne conclusion,) ou (joyeuse, réussie, tranquille) était impossible. En direct, et ce fut une surprise, (ce fut inattendu), pour quelques-uns, il fut menotté par la police entrée dans la boite de nuit grâce à la complicité du patron (directeur, tenancier).

Dans la salle d’interrogatoire, l’ambiance était électrique. On n’est pas dans un jeu, (jeu d’évasion, et pourquoi pas jeu de rôles) ici, hurla l’un d’eux. Ni un club, (un lieu, une zone, un coin) pour sports de plage, répondit l’autre. Tandis que le troisième, à l’allure digne (d’un film de la conquête de l’ouest,) d’un western* marmonnait… ou (un salon de présentation), salle d’exposition en allumant l’ordinateur. Pas le temps de lire les courriels, viendraient-ils de la hiérarchie !

Ah ! on ne pouvait pas dire que leur client était un de ces héros de la classe laborieuse, (ouvrière) dont la presse et les séries nous envahissent. Non, plutôt un perdant moderne, attiré par l’argent facile et les paillettes qui l’accompagnent. Il ne pouvait pas la jouer enfant prodige. selon la brillante et récente expression d’un Académicien en mal de vocabulaire.

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2) Les deux copines s’apprêtaient à partir faire du lèche-vitrine comme on part à l’aventure. Elles s’étaient équipées pour marcher pendant des heures : vêtements pratiques, (décontractés) pantalons moulants et chaussures de sport, maillots légers, (liquettes, chemises) il ne devait pas pleuvoir. Au pire, elles s’engouffreraient dans un bar. Depuis quelques jours, elles ramassaient toutes les publicités (prospectus, dépliants, imprimés) qui indiquaient les (incontournables) indispensables, et relevaient les meilleurs rabais des lettres d’information qui tombaient dru dans leur téléphone, elles avaient repéré les magasins qui affichaient les soldes d’été gigantesques ; ça allait être drôle, super sympa (rigolo, amusant, poilant, marrant, bidonnant….)

Pas vraiment des enragées de la semaine de la mode  (de la haute-couture), elles étaient plutôt victimes des tendances, (de la mode) au petit budget, aux moyens très limités. Allez ! achetez** (maintenant! comme l’avait écrit en vitrine la première boutique de la rue.

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3) Il n’y avait pas la moindre chance pour que le n° 1 rencontrât les n°2 ; sinon dans le carambolage des titres des chaînes TV à jet continu, le grand spectacle du monde sur écran plat, une vingtaine de fois par jour, entretiens, (discussions, parlote, propos) de pacotille et flatteries style opinion commune, (poncifs, clichés, stéréotypes…) formats courts pour y caser toutes les promesses de la page d’accueil (des annonces, du générique).

Ainsi, dans le même quart d’heure a-t-on pu voir se succéder lanalyse de l’arrestation de notre noctambule par le spécialiste ‘faits divers-justice’ de l’encadrement et le micro trottoir de la stagiaire qu’on avait collée aux bons plans de fin Juillet à Paris.

Inutile, dans un cas comme dans l’autre, mais surtout dans l’autre, d’être longuement entrainée, ou s’inscrire à une séance de formation aux médias ; il suffit de tendre le micro et la perche, surtout la perche. Les filles étaient totalement excitées, elles venaient de trouver un petit short* si féminin, (si fille, si mimi) qu’elles enchaînaient les photos d’elles (autophotos pour les Canadiens) et les sms avec plus d’émoticônes  que de lettres dans l’alphabet. La consigne de leurs copines était : paraître brillante, (clinquante, fastueuse, étincelante, luxueuse… resplendissante…) pour trois fois rien ! un vrai pari !

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Et pendant ce temps-là, les blagues privées fusaient d’un bureau à l’autre ; le caïd aux petits pieds peinait à faire croire qu’il ne dirigeait aucun commerce répréhensible, (ne gérait pas d’affaires illicites) ; et le JT du soir put coincer l’annonce de son incarcération entre un reportage sur les chasseurs de coûts, (tueurs de rabais) et les tueurs en série, la programmation en plein été laisse vraiment à désirer, il faudra renouveler toute l’équipe à la rentrée, et ne reprendre aucun stagiaire.

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Je ne sais pas vous, mais moi là, je frôle la saturation, (le surmenage, je suis cramée) ! plus difficile qu’une version latine mais surtout absolument désespérant. Aussi, le jeu consiste à réécrire reformuler ces quelques lignes dans un français élégant en français, juste en français. Il n’est pas interdit de modifier légèrement le tableau, le petit short de nénette, sans aller jusqu’à…etc….

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Je n’ai pas voulu réécrire (c’eût été un autre exercice de style) ; il n’y a pas de recherche ou d’effet particulier ; bref, ces quelques lignes sont affreusement plates. Juste montrer qu’à peu de frais, nous disposons du, voire des, équivalents français pour des termes qui ont fini par s’imposer dans les conversations hors de toute nécessité, et même au point de chasser le vocabulaire français adéquat. Le danger est dans cette banalisation, dans ces réflexes, dans ces tics de langage. Mais réfléchissons-y cinq minutes, en quoi dire ‘en live’ surpasse ‘en direct’, et /ou ‘loser’ plutôt que ‘perdant’. [Ou ‘work in progress’ pour ‘travail en cours’ -entendu de quelqu’un qui se prétend écrivain]. Nos automatismes du quotidien donnent raison à tous ceux qui, sans la moindre sanction sociale –personne, jamais, ne reprend celui qui opte préférentiellement pour l’anglais, pire on s’en enorgueillit !– proposent dorénavant des slogans, des titres, des discours même, de la publicité, des promotions, du vocabulaire professionnel, relationnel, ponctués sans rime ni raison de ces termes injectés depuis un anglais qui la plupart du temps d’ailleurs n’existe pas vraiment sous cette forme ou pas de cette manière, du moins pour les vrais anglophones. Ne rien dire, ne pas reprendre, c’est cautionner.

 

*il me semble que l’on peut raisonnablement garder western qui ne fait pas offense à la langue française, sa spécificité parle pour lui. Même remarque un peu plus loin pour le short, qui, s’il fait parfois offense à l’élégance, n’a pas de réel remplaçant valable (l’appel à proposition est lancé.)

 

**l’expression en anglais semble si impérative que l'…impératif seul suffit en français ! c’est un ordre, achetez !

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D
Et le philosophe, on l'a oublié? Ou j'ai dormi pendant le film?
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P
T'as peut-être dormi, mais il n'est pas passé encore... il arrive.