inactualités et acribies

L'entre-moi

22 Septembre 2022 , Rédigé par pascale

 

 

Il reste des mots en trop tombés de mes paupières

sur le sol, mi, ré, do d’un clavier sourd et muet

 

*

 

Trois gouttes de pluie par le cou se tenant

 rivière de diamants roulant à ma fenêtre

me font mille reflets de la noirceur du monde

 

*

 

Le tambour lourd des tourterelles

roule et coule

aux doigts du poète

ses rouges ongles rouges troubadours

 

*

Ouïr les sons dans l’air

et les tricornes rire

sur des vélos bleus

*

Le soir

tombe

en jupe plissée noire 

le jour

point

de blanche dentelle

*

 

La montre se cassant mit le temps en apnée

course folle des nuages blancs me grise

ce cordage qui grince jusqu’à la fin du monde.

 

*

 

D’hyver le virelai tout recouvert de froid

met son jupon maudit de chagrins et de peaux.

La vie s’amuse à mésoffrir ses joies

avions-nous rendez-vous à la colline du Pnyx ce matin ?

 

*

 

Un contre-temps fait coup d’épée dans l’eau

sinon les papillons et les alérions

 

       *

La sorcière chiffonnée

racramacaie disgracieuse

    s’est noyée dans le lac

    voûté creusé larmier

par la brume soudaine,

et ses pas difformés

où je me suis perdue.

 

*

Ma vie,

une appogiatura dans le néant du monde.

 

*

Quels seront de la dernière phrase

le dernier mot

et sa dernière lettre

amuïe et tue

es-tu

muette

et final

le point.

*

 

Penser au vif de soi

du secret la longue lame

et périr corps et mots

sous le poids de son âme

 

*

 

L’Être-poète touche le mot juste avant qu’il ne tombe en poussière, du bout de ses mitaines il effleure le froid souffle un grand courant d’air qu’il emplit de roseaux de flûtes et de stryges et bouscule et traverse des tourbillons de feu.

 

            *

Nous sommes tant d’amis posthumes les uns aux autres 

à n’avoir eu que des vies d’avant.

 

           *

Regarder sa folie attendre au bord des mots

hésiter se lever dans un matin qui danse

 

*

  un arracheur de sons

 écarisseur du sens

briseur du temps

voleur des ciels

brûleur des jours

pilleurs des nuits

compteur de rien

orpailleur de silence

heurs après heures,

un rêveur passe

*

 

Il arrive que

des mots fondus de glace au feu

deviennent une ligne, un ruisseau, une rue,

un fil grisâtre, un ru, un filet tout troué tendu

dessus le rien au fond de quoi

nous compterons les morts.

 

*

Sous l’orage le jasmin a pleuré des pétales rouge sanglot

*

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M
"...un écarisseur, en sifflant sa chanson et retroussant ses manches,..." et tous les autres noémes, ainsi que vous dites, font signe<br /> Merci
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P
signe et sens ... ainsi vont les noèmes.<br /> Mercj à vous.