inactualités et acribies

Etre ou n’être pas bégueule (très très légèrement modifié)

30 Décembre 2016 , Rédigé par pascale

   Familièrement il s’agit d’accuser quelqu’un d'une pruderie excessive ou affectée, sa gueule restée béante -selon l’étymologie- saisie d’étonnement et/ou de surprise. Au point d’en friser le dédain…

   La bégueule est donc une dédaigneuse, on peut ajouter roide, rigoriste, collet-monté, pisse-froid, austère, rigoureuse, autant de synonymes accessibles aux cliquants, je garde ‘censeur’ pour la fin, car ce masculin grammatical on ne peut plus correct -il n’y a pas de censeuse- va me valoir des circonstances aggravantes. Pisseuse-froide, ou censeure peut-être ?Jamais !

   Et voilà pourquoi Inactualités et acribies est.

  On peut doubler la mise. Le ou la bégueule, ouf ! le mot est épicène, est nécessairement d’esprit étroit, voit tout en noir, son verre est toujours à moitié vide, et c’est encore beaucoup… Rigueur et précision en bandoulière par les temps qui passent, ça ne passe pas. Etre bégueule offusque la tolérance dogmatiquement prônée au nom d’elle-même –pléonasme- cet onguent qu’il se faut appliquer, faute de quoi on vous le tartine brutalement, pour être… toléré(e).

   Inactualités et acribies relève (!) -touchée mais pas coulée- d’une résolue décision d’aligner, de faire des lignes avec tout ce qui occupe mes nerfs et leur variante cérébrale, mes neurones, en pelote, en bout de ficelle, en boule, mais qui refusent d’être débrouillés, débroussaillés, débrouillonnés, désembrumés par l’effet lénifiant de la censure en pente douce de la pensée commune et communiante, celle qui n’a aucun effet sur moi. Celle qui s’applique à ce sur-quoi-il-ne-faut-pas-s’apesantir-pas-revenir-pas-se-retourner-qu’il-ne-faut-pas-approfondir-ni-regarder vers ce qui l’a fondé, lui a fait traverser les âges et les étages pour nous parvenir, enfin. Il est urgent de réfléchir lentement. D’avancer sans aller toujours de l’avant, ni en avant. D’être honteusement inactuel pour penser actuellement. D’écrire par repentir et sous autorité. Ces deux mots en leurs significations d’antan qui en disent tant.

   Tout est, peu ou prou, dans ces mots, comme autant de promesses de résister encore à ce qui résiste en moi et me hérisse et me fâche. D’être terriblement inactuelle, pour n’être jamais an-acribienne....