Interlude
16 Août 2024 , Rédigé par pascale
le poème tient ses mots
sur la pointe des pieds
*
Pour Stéphanie,
dessus le dôme des arbres
par les courants de l’air
la lueur des étoiles
fait un bonnet de nuit
*
de lumière noire
mes larmes sont sculptées
*
trois rouges papillons
enflamment le ciel bleu des fleurs
petit poème qui bat des ailes
ouvre le monde en grand
*
la beauté d’une seule goutte d’eau
irrite le grain de sable
dans sa blessure cachée
la nacre perle
*
les mots sont d’insignifiants tas de cendres
d’où part une étincelle
*
nos langues mortes
étouffées en nos gorges sèches
*
Pour A.B
avant la pluie d’été
l’air a goût de cerise mûre
et de grains rouges aux caféiers de Harar
sur la terre brûlée
où s'égarent mes semelles de craie
*
ne pas déplier trop son âme
tant fragile qu’elle se déchire
silence dans les froissures
de sa traîne griffée d’ombre
*
au creux du temps fossé
j’ai planté deux aiguilles
dessiné l’éternité
*
la lagune
une langue de sable
suivant la ligne fine
de la neige imminente des vagues
*
cette petite robe rose
qu’il voulait que je porte
dans ses rêves maudits
cisaille ma mémoire
*
le droit fil de l’horizon
embrouille les nuages
les tourmente et pelote
à points serrés acérés
les coud à la pluie qui gringotte
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